Kessel

Mais on a des idées – Clandestine #27

Le paradoxe d'une vie campagnarde, c'est aussi la nécessité d'avoir une voiture et de l'utiliser régulièrement. Et quand on n'a pas la possibilité de s'offrir une électrique, il faut bien passer à la pompe de temps en temps.

Clandestine
2 min ⋅ 07/04/2026

Pendant 20 ans, lorsque j'étais citadine, j'ai très peu conduit. Vraiment très très peu. J'utilisais parfois les transports en commun, mais principalement je marchais ou utilisais ma trottinette (pas électrique ^^). J'ai gardé le goût de la marche et l'envie de limiter au maximum l'usage d'une voiture.

Aujourd'hui, impossible de m'en passer, ne serait-ce qu'en cas d'urgence, ce qui m'est arrivé il n'y a pas si longtemps, un dimanche soir où j'ai dû conduire un proche à l'hôpital... Et puis il y a les commerces, une dizaine de kilomètres à chaque fois. Nous vivons dans un village plutôt dynamique, proche des commodités comme on dit, mais le déplacement reste un souci majeur pour une partie de la population.

Et puis il y a mon boulot, au foodtruck, pour lequel je dois me déplacer, forcément, même si on travaille le plus localement possible. Le taxi, pour les enfants, équitation tous les mercredis, le collège si besoin, le stage de l'une ou de l'autre, les rendez-vous médicaux, les soirées chez les potes du village d'à côté... Ce que je fais avec plaisir car cela faisait partie du deal de notre changement de vie.

Pour toutes ces raisons, il y a un peu plus de ans, j'ai acheté une 207 d'occasion. Elle est vaillante, cabossée mais résistante et peu gourmande en carburant. Mais comme tout le monde, enfin toutes les personnes obligées de se déplacer en voiture, ma facture a quasiment doublé depuis quelques semaines, pour les raisons que vous savez.

Il y a trop souffrance dans l'origine de cette flambée des prix à la pompe pour que je me permette d'émettre la moindre plainte. Je sais trop le privilège que c'est de vivre dans un pays en paix. Je prends en compte cette évolution et je dois m'adapter. Adaptation inexorable puisque les réserves finiront de toute façon par diminuer jusqu'à disparaître.

Dans mon village, j'utilise au maximum mes jambes (ou mon vélo lorsque je l'aurai enfin réparé). Je regroupe mes trajets autant que possible, cherche des solutions de co-voiturage, pratique l'écoconduite, bref j'essaye d'être créative.

Je suis littéralement une enfant de la crise, née en 1973, date du premier choc pétrolier, en raison de la guerre du Kippour. Aujourd'hui, je vois les miens d'enfants faire face à l'écoanxiété, aux préjugés sur leur génération dont on dit qu'ils seraient paresseux, obsédés par leurs téléphones et l'IA, j'en passe et des meilleures (TOUTES les générations disent que celles qui les suivent sont nazes, alors qu'en vrai on fait bien comme on peut avec ce que nous laissent nos aînés)(faut voir un peu le bordel hérité des boomers)(not all boomers, je sais ^^)(mais quand même beaucoup :D).

Du haut de mes désormais 53 années d'expérience, ce que je vois, tant au niveau individuel que sociétal, c'est que pour traverser les tempêtes, on a besoin de soutien, de créativité et de temps.

  • De soutien pour partager, pour faire ensemble, imaginer ensemble, vivre ensemble.

  • De créativité pour « sortir de la boîte », comme on dit, faire un pas de côté, prendre les chemins de traverse.

  • De temps pour exprimer, intégrer, apaiser.

Je l'ai souvent dit, je ne crois ni aux baguettes magiques, ni aux sauveurs (à qui il faut généralement, comme c'est étrange, donner pas mal d'argent), ni au pouvoir supérieur de la volonté.

Mais je crois dur comme fer que l'imagination, l'enthousiasme et la collaboration peuvent faire des miracles.

Alors certes, je n'ai pas de pétrole, mais des idées j'en ai à gogo, tout comme l'envie de les partager.

Et franchement, je crois que c'est bien plus utile.

Pour faire naître des idées, des envies, des projets, je vous propose des Conversations, au tarif de 50€ pièce :

  • Contrebande : échanges d'audios quotidiens pendant 1 semaine (sur whatsapp)

  • Missives : ce sont des échanges de lettres, des vraies, envoyées par courrier, pendant 2 mois.

  • Parchemins : ce sont 2 heures passées ensemble, chez moi ou ailleurs, à marcher, parler, créer, imaginer.

Une cliente m'a demandé de mixer Parchemins et Contrebande, car elle ne pouvait pas venir jusqu'à moi. Nous sommes donc allées marcher chacune de notre côté en échangeant audios et photos pendant 2 heures. Une expérience réalisée à deux reprises qui fut réellement magique !

Alors je propose désormais

Flânerie : 2 heures ensemble, mais à distance, à se balader et échanger sur whatsapp.

Pour prendre rendez-vous, il suffit de répondre à cette Clandestine !

Je vous embrasse,

Morgane

Clandestine

Par Morgane Sifantus

Sorcière dans sa forêt, qui aime papoter avec ses copines, les tatouages, le chocolat et écrire plein de trucs pas toujours bien comme il faut ^^

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