Il y a 15 ans, j'ai découvert les blogs, puis les réseaux, puis les newsletters, puis les podcasts.
J'ai adoré ouvrir toutes ces portes sur des vies inconnues et partagées.
Un peu comme quand on prend le train, que la nuit tombe et qu'on entrevoit la vie des gens.
Il y a 15 ans je me lançais dans l'aventure entrepreneuriale et, moi aussi, j'ai commencé à partager ma vie, mes histoires, mes émotions et autres questionnements à travers un blog, puis les réseaux, puis une newsletter et même parfois en podcast. Dans mes livres aussi, bien entendu.
J'y ai toujours pris beaucoup de plaisir, que j'écrive beaucoup ou avec parcimonie, comme en ce moment.
Mais il y a une petite musique lancinante qui s'est peu à peu installée.
Celle de « tu dois vendre ».
Une petite musique jouée partout autour de moi.
Une petite musique que j'ai moi-même utilisée pour vendre mes services.
Que j'ai fini par me jouer intérieurement, sans jamais l'apprécier vraiment.
Je l'ai vue tout envahir, les blogs, puis les réseaux, puis les newsletters, puis les podcasts.
Je crois bien qu'à un moment, je n'ai tout simplement plus supporté.
Je n'avais plus envie de l'entendre et encore moins de la jouer.
Même dans les newsletters que j'apprécie, je zappe, voire je me désabonne. Tant et si bien que je n'en reçoit plus guère.
Et, ces derniers temps, j'ai remarqué que certaines personnes reprenaient également le chemin d'une écriture sans « objectif marketing ». Sans autre plaisir que celui du partage, des échanges, du don.
Je précise d'ailleurs que la petite musique « tu dois vendre » n'est pas pour moi la même chose que le fait de vendre. Il me semble logique (dans ce monde capitaliste) que l'art, les services, les créations aient un prix. Mais je veux décider moi de ce que j'achète et quand je le fais.
La promo ne m'intéresse plus.
Il y a eu une longue série écrite par Shanty sur son voyage en Australie, ses peines de cœur et ses interrogations business, que j'ai adorée. La dernière lettre de Maï Hua sur l'au-revoir que j'ai dégustée. Elia, Marina, Malika, quelques gars aussi, beaucoup de femmes quand même, avec qui je me suis sentie en lien, juste grâce à leurs mots.
Enfin, il y a moi qui ai du mal à écrire depuis un bon moment. Enfin, non, pas à écrire car je passe mon temps à le faire dans ma tête. A écrire avec la petite musique qui résonne autour de moi.
Alors bon, c'est simple, j'éteins la musique. Chez moi et chez les autres (désolée, les copines, si je me désabonne, ne le prenez pas perso, I kiffe you encore).
Et je vous retrouve ici quand vous voulez, si vous voulez, juste pour écrire.
Morgane
PS : la photo, c’est pour essayer de survivre à la destruction programmée par le fucking libéralisme patriarcal de mes deux (ovaires), vu que présentement, dehors, il fait 40°C et on n’est même pas en juillet.
