Kessel

Combien de déceptions - Clandestine #4

Combien de fois faut-il être déçu·e avant de lâcher l'affaire ?

Clandestine
2 min ⋅ 15/10/2024

J'avais 14 ans, il était beau, j'étais timide. Alors, à chaque récréation, je marchais avec mon amie Céline dans la cour du collège en passant devant lui, encore et encore. Mon espoir ? Qu'il vienne me parler.

J'ai marché ainsi pendant plusieurs années, il ne m'a jamais adressé la parole. Moi non plus, j'en étais bien incapable.

À chaque fois, j'y croyais. À chaque fois, j'étais déçue.

Pourtant, je n'ai jamais lâché, l'espoir revenait aussi fort que la déception de la veille.

Et puis, en Terminale, il est sorti avec une fille de ma classe. Coeur brisé.

J'ai continué ma vie, je pensais ne jamais le revoir, j'ai fini par l'oublier. Bon, pour la petite histoire totalement improbable et pourtant véridique, je l'ai revu 5 ans plus tard, en Guadeloupe où je passais quelques jours de vacances. Il était élève-officier sous les ordres... de mon père, oui ça ne s'invente pas.

Et ce jour-là, c'est lui qui est venu m'adresser la parole. Il était toujours beau, mais je n'étais plus intéressée ^^

Il y a ces lettres que l'on envoie pour trouver un job, et qui restent sans réponse.

Cette amie auprès de laquelle on insiste un peu trop, alors qu'elle n'a clairement plus envie de l'être avec nous (amie).

Il y a ce lecteur qui régulièrement nous dit « qu'il adorerait qu'on travaille ensemble », mais en fait cela ne se fait jamais.

Le ventre qui se tord, chaque mois, lorsque l'on comprend que l'on n'est toujours pas enceinte.

Tous ces espoirs déçus qui parfois s'accumulent.

Et cette question, lancinante : dois-je laisser tomber ?

Certaines amies ne reviendront jamais.

D'autres nous diront merci d'avoir patienté et persévéré.

L'amour a parfois besoin de répétition pour se révéler.

Et parfois, c'est de lucidité dont nous avons besoin pour accepter qu'il n'existe que d'un côté de la force.

Quant à l'enfant, il lui aura fallu 7 ans, mais il a fini par arriver. Alors que chez tant d'autres, iel ne pointera jamais le bout de son nez.

Combien de fois faut-il être déçu·e avant de lâcher l'affaire ?

Je ne sais pas.

Il y a tant de possibles à rêver pour les voir se matérialiser.

Et d'impossibles à accepter pour les empêcher de nous engloutir.

Il y a ces déceptions brutales, intenses, finalement positives et vite digérées. Comme cette personne toxique qui quitte ta vie avec pertes et fracas, laissant ton cœur soulagé.

Il y a ces micro-déceptions, qui se répètent encore et encore, de celles qu'on remarque à peine et qui, malgré tout, finissent par fissurer l'âme. Ce sont, je trouve, les plus difficiles à naviguer, à laisser partir.

Il y a celles auxquelles on s'habitue, qui font très mal les premières fois et qu'on finit par ne presque plus remarquer. Comme lorsque quelqu'un·e se désabonne de ma newsletter ;)

Il y a celles qui viennent confirmer une intuition (ou ce que te disent tes copines depuis des siècles ^^) mais qui te brisent le cœur. Il te faudra du temps, des larmes et beaucoup d'amour pour te remettre.

Et puis il y a celles qui se terminent bien, comme dans un téléfilm de Noël, mais dans la vie c'est quand même bien mieux. Ce moment incroyable où tu n'y croyais plus tout en continuant d'y croire et où ça finit par arriver. Une explosion d'adrenaline dans tout le corps, un shoot de dopamine pour ton cerveau qui en revoudra. Une drogue dure à laquelle il ne vaut mieux pas trop s'habituer. Au risque d'être à nouveau déçu·e :)

Voilà.

Je n'ai toujours pas de réponse à ma question.

Mais ce que je sais c'est que, malgré les déceptions, j'ai envie de continuer à espérer, à rêver, à imaginer l'impossible.

Tant pis pour les larmes.

Continuer, aussi, d'apprendre à les traverser, les accepter, les transformer. A lâcher quand j'en souffre, à persévérer quand je le sens bien, à changer d'avis tous les 2 jours en général ^^

Et surtout, surtout, à savourer tous ces moments où je ne suis pas déçue, à remercier chaque personne qui me fera ce cadeau. Il n'a pas de prix !

Mes recos culturelles du moment

  • 1 film : Making of de Cédric Kahn, miroir du cinéma rempli d'auto-dérision.

  • 2 séries : La Maison, mélange réussi de drama et de réflexion sur la mode ; Las azules, mélange réussi de polar mexicain des années 70 et de réflexion sur la place des femmes

  • 1 promo hilarante, celle imaginée par Julien Doré auprès de la presse à l'occasion de la sortie de son nouvel album. Cherche sur Insta et tu trouveras.

Love & write
Morgane
www.canardalorange.com

PS : si tu veux travailler avec moi, venir dans ma forêt, lire un de mes livres ou juste papoter, contacte-moi en répondant à cette Clandestine ^^

Clandestine

Par Morgane Sifantus

Sorcière dans sa forêt, qui aime papoter avec ses copines, les tatouages, le chocolat et écrire plein de trucs pas toujours bien comme il faut ^^

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